Redon 2021 : la messe techno
> Résumé : retour sur le teknival hommage à Steve Maïa Caniço et sur l'intervention qui a fait une main arrachée et des dizaines de blessés. > Statut : stable > Mise à jour : juin 2026
Dans la nuit du 18 au 19 juin 2021, un teknival de 1 000 à 1 500 personnes se tient à Redon (Ille-et-Vilaine), organisé en hommage à Steve Maïa Caniço deux ans après sa mort. L'événement, interdit par arrêté préfectoral, devient le théâtre de l'un des épisodes les plus violents de la répression du mouvement.
En bref
- L'intervention pour empêcher l'installation a déclenché plusieurs heures d'affrontements.
- Le bilan documenté inclut une main arrachée et plusieurs dizaines de blessés.
- Le volume de munitions employées, notamment 1 602 usages de grenades CM6 en une nuit, constitue l'argument central sur la disproportion.
Le déroulé
Vers 22h30, les gendarmes tentent d'empêcher l'installation du teknival. De violents affrontements éclatent et se prolongent pendant plusieurs heures. La blessure la plus grave, une main arrachée chez un homme de 22 ans, survient à 2h42 et met en cause une grenade GM2L selon l'enquête.
Le chiffre qui fait argument
L'enquête recense 58 tirs de lanceur de balles de défense, 1 602 usages de grenades CM6, 139 grenades MP7, 239 grenades GM2L et 24 grenades GENL. Rapporté à un millier de participants, ce volume de munitions sur une seule nuit constitue un argument factuel difficilement contestable sur la disproportion des moyens.
Les récits qui s'affrontent
Le parquet de Rennes a conclu à un usage de la force nécessaire et proportionné, en riposte à des violences de participants, et a indiqué que la victime se serait volontairement emparée de la grenade au sol. Amnesty International, dans un rapport de septembre 2021, a au contraire mis en avant la disproportion des moyens et l'absence d'avertissement avant l'usage des armes, au regard des principes de base de l'ONU sur le recours à la force.
La portée symbolique
Avec l'affaire Steve Maïa Caniço, Redon est devenu l'un des deux symboles majeurs de la violence d'État dans la mémoire du mouvement. Cette mémoire alimente aujourd'hui le levier de la couverture médiatique dissuasive. Voir Couverture-Mediatique-Dissuasive.
Sources
Faits, bilan et positions contradictoires détaillés dans Incidents-répressifs, section Redon 2021, à partir de l'enquête citée par la presse et du rapport d'Amnesty International de septembre 2021.